rhizome
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LORSQUE L'ARTISTE PART À LA RECHERCHE DE LUI-MÊME, IL RENOUVELLE SANS CESSE SES PROPRES TRACES. DÈS LORS, LA FORME INACCOMPLIE N'ÉVOQUE AUCUN MANQUE, MAIS MAGNIFIE LA DISCONTINUITÉ ET L'ÉCART À L'ATTENDU, CES EXPRESSIONS DU CHEMINEMENT. DE L'EXISTENCE QUI AFFIRMENT LA VITALITÉ FRAGMENTAIRE ET SON INDÉPASSABLE INCERTITUDE.
 
Philippe Croq
 
Suite à une grave maladie, Philippe Croq interrompt sa carrière de cadre dans l'industrie aérospatiale pour se consacrer à la peinture.
«.Je travaille de manière très spontanée, j'essaie de faire en sorte que la main aille plus vite que la tête. Qu'une image à forte conscience émerge d'un procédé très primaire... Je travaille sans idée préconçue ou précise, je ne fais aucune esquisse et dans cette première phase comme dit Rauschenberg.: "mes mains me servent de cerveau.!" Puis, je me recule et j'observe, j'isole et je choisis de préciser le sujet qui a surgi de la peinture à ce stade, comme d'un coup de dé, et si ce n'est pas le cas, je recommence...
 
J'utilise en première matière des fragments de ma mémoire, de mon identité, de l'identité de l'autre donc aussi j'espère... Existence, racines, famille, mémoire, filiation, lieux de vie.: voilà ce qui me préoccupe, avec en question de fond.: comment faire surgir la vérité sans le réalisme.? Mais bon, c'est difficile d'expliquer ça parce que j'ai souvent tellement peu la sensation de "m'habiter".! C'est ce que je veux pointer du doigt quand je reprends les citations d'Héraclite et Montaigne.: "tout" absolument tout, change constamment, d'où une certaine difficulté à positionner son esprit et son travail, son esprit dans son travail, son travail dans son esprit.! Mais je ne sais pas vraiment qui je suis et si je ressens mon travail, je ne suis pas sûr de toujours le comprendre et dans l'atelier, c'est encore et toujours autour de cette vérité que j'essaie de me rapprocher... Le plus souvent il s'agit de têtes, de corps,... et ce, jusqu'à l'écœurement. On pourrait dire que je peins pour me défaire d'obsessions... que je reconduis sans cesse.!...
 
Il me semble qu'un des aspects qui me préoccupe dans l'atelier, c'est de passer d'un état d'opacité, d'absence de repère ou de compréhension de ce qui m'entoure à une meilleure sensation de mon paysage mental, si possible dans l'oubli de ma propre présence et pesanteur... Et en tout cas dans la recherche incessante et méthodique d'une absence de méthode. Ni plus. Ni moins..»
Merci à Philippe Croq pour son amicale contribution